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Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront (Louis Aragon)

A la poésie, l'art, la musique, la littérature, la sagesse, au romantisme
toutes ces choses qui font que la vie vaut la peine d'être vécue !

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A Cassandre

 

Mignonne, allons voir si la rose

 

Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avoit desclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vespre
Les plis de sa robe pourpre,
Et son teint au vostre pareil.

 

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las ! las ses beautez laiss cheoir !
vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !

 

Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que vostre ge fleuronne
En sa plus verte nouveaut,


Cueillez, cueillez vostre jeunesse :
Comme ceste fleur la vieillesse
Fera ternir vostre beaut.                                                 

Pierre de RONSARD          

Second livre des Amours


Comme on voit sur la branche au mois de may la rose

 

Comme on voit sur la branche au mois de may la rose,
En sa belle jeunesse, en sa premiere fleur,
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l'Aube de ses pleurs au poinct du jour l'arrose ;

 

La grace dans sa feuille, et l'amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d'odeur ;
Mais batue ou de pluye, ou d'excessive ardeur,
Languissante elle meurt, fueille fueille dclose.

 

Ainsi en ta premiere et jeune nouveaut,
Quand la Terre et le Ciel honoraient ta beaut,
La Parque t'a tuee, et cendre tu reposes.

 

Pour obseques reoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase pleine de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif et mort ton corps ne soit que roses.


 

Pierre de RONSARD

(1524-1585)

 

 

Sonnet pour Hlne

 

Quand vous serez bien vieille, au soir, la chandelle

 

 

Quand vous serez bien vieille, au soir, la chandelle,
Assise aupres du feu, devidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous esmerveillant :
Ronsard me celebroit du temps que j'estois belle

.

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Desja sous le labeur demy sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s'aille resveillant,
Benissant vostre nom de louange immortelle.

 

Je seray sous la terre et fantaume sans os :
Par les ombres myrteux je prendray mon repos :
Vous serez au fouyer une vieille accroupie,

 

Regrettant mon amour et vostre fier desdain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez demain :
Cueillez ds aujourd'huy les roses de la vie.

 


Pierre de RONSARD

(1524-1585)

Sonnet pour Hlne

 

Le soir qu'Amour vous fit en la salle descendre

 


Le soir qu'Amour vous fit en la salle descendre
Pour danser d'artifice un beau ballet d'amour,
Vos yeux, bien qu'il ft nuit, ramenrent le jour,
Tant ils surent d'clairs par la place rpandre.

 

Le ballet fut divin, qui se soulait reprendre,
Se rompre, se refaire, et tour dessus retour
Se mler, s'carter, se tourner l'entour,
Contre-imitant le cours du fleuve de Mandre.

 

Ores il tait rond, ores long, or troit,
Or en pointe, en triangle en la faon qu'on voit
L'escadron de la grue vitant la froidure.

 

Je faux, tu ne dansais, mais ton pied voletait
Sur le haut de la terre ; aussi ton corps s'tait
Transform pour ce soir en divine nature.

 

 

Pierre de RONSARD

(1524-1585)

 

 

 

 

 

 

 

 

Pierre Ronsard

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