Non à la pensée unique ! Oui à la liberté

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Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront (Louis Aragon)

A la poésie, l'art, la musique, la littérature, la sagesse, au romantisme
toutes ces choses qui font que la vie vaut la peine d'être vécue !

Merci. Coucou et merci
 
Clics 13041

 

If  


If you can keep your head when all about you
Are losing theirs and blaming it on you,
If you can trust yourself when all men doubt you.
But make allowance for their doubting too;


If you can wait and not be tired by waiting.
Or being lied about, don't deal in lies,
Or being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise:

 

If you can dream -and not make dreams your master
If you can think -and not make thoughts your aim
If you can meet Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;


If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools.
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build'em up with worn-out tools:

 

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;


If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on!"

 

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with Kings -nor lose the common touch,
If neither foes nor loving friends can hurt you,
If all men count with you, but none too much;


If you can fill the unforgiving minute,
With sixty seconds' worth of distance run.
Yours is the Earth and everything that's in it,
And -which is more- you'll be a Man, my son!

 

 

Rudyard Kipling, extrait de "Tu seras un homme mon fils" suivi de "Lettres son fils"

 


 

 

Traduction de Jules Castier


Si tu peux rester calme alors que, sur ta route,
Un chacun perd la tte, et met le blme en toi ;
Si tu gardes confiance alors que chacun doute,
Mais sans leur en vouloir de leur manque de foi ;


Si l'attente, pour toi, ne cause trop grand-peine :
Si, entendant mentir, toi-mme tu ne mens,
Ou si, tant ha, tu ignores la haine,
Sans avoir l'air trop bon ni parler trop sagement ;

 

Si tu rves, - sans faire des rves ton pilastre ;
Si tu penses, - sans faire de penser toute leon ;
Si tu sais rencontrer Triomphe ou bien Dsastre,
Et traiter ces trompeurs de la mme faon ;


Si tu peux supporter tes vrits bien nettes
Tordues par des coquins pour mieux duper les sots,
Ou voir tout ce qui fut ton but bris en miettes,
Et te baisser, pour prendre et trier les morceaux ;

 

Si tu peux faire un tas de tous tes gains suprmes
Et le risquer pile ou face, - en un seul coup -
Et perdre - et repartir comme tes dbuts mmes,
Sans murmurer un mot de ta perte au va-tout ;

 

Si tu forces ton cur, tes nerfs, et ton jarret
servir tes fins malgr leur abandon,
Et que tu tiennes bon quand tout vient l'arrt,
Hormis la Volont qui ordonne : Tiens bon !

 

Si tu vas dans la foule sans orgueil tout rompre,
Ou frayes avec les rois sans te croire un hros ;
Si l'ami ni l'ennemi ne peuvent te corrompre ;
Si tout homme, pour toi, compte, mais nul par trop ;


Si tu sais bien remplir chaque minute implacable
De soixante secondes de chemins accomplis,
toi sera la Terre et son bien dlectable,
Et, - bien mieux - tu sera un Homme, mon fils.

  

Traduction d'Andr Maurois


Si tu peux voir dtruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre rebtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

 

Si tu peux tre amant sans tre fou d'amour,
Si tu peux tre fort sans cesser d'tre tendre,
Et, te sentant ha, sans har ton tour,
Pourtant lutter et te dfendre ;

 

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-mme d'un mot ;

 

Si tu peux rester digne en tant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frre,
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ;

 

Si tu sais mditer, observer et connatre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rver, mais sans laisser ton rve tre ton matre,
Penser sans n'tre qu'un penseur ;

 

Si tu peux tre dur sans jamais tre en rage,
Si tu peux tre brave et jamais imprudent,
Si tu sais tre bon, si tu sais tre sage,
Sans tre moral ni pdant ;

 

Si tu peux rencontrer Triomphe aprs Dfaite
Et recevoir ces deux menteurs d'un mme front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tte
Quand tous les autres les perdront,

 

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

 

  

Andr Maurois sublim ce pome

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rudyard Kipling

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