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Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront (Louis Aragon)

A la poésie, l'art, la musique, la littérature, la sagesse, au romantisme,
toutes ces choses qui font que la vie vaut la peine d'être vécue !  
 

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Un jour un jour. Poème de Louis Aragon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche


Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Louis Aragon

Ce poème de Louis Aragon est dédié au poète et dramaturge espagnol, également peintre, pianiste et compositeur, Frédérico Garcia Lorca.

Quand la guerre civile espagnole éclate en 1936, Lorca quitte Madrid pour Grenade, conscient qu'il va vers la mort.

Il y sera fusillé par des anti-républicains à Víznar.

On doit à la vérité de dire que les atrocités sont commises par les deux camps.

Côté nationalistes :

Au fur et à mesure de la progression des troupes les sympathisants de la République sont systématiquement arrêtés, ou fusillés sommairement.

Un des plus grands massacres a lieu les 14 et 15 août 1936 à Badajoz, en Extremadure.

Côté républicains

Dès le début l'appartenance sociale ou politique suffit pour être exécuté : les officiers des garnisons de Lérida, Minorque Carthagène, les députés de droite...

7 000 religieux, évêques, prêtres, moines et religieuses sont assassinés. Des actes barbares frapperont les religieuses et les jeunes filles des organisations catholiques

Dédions ce poème à toutes les victimes de toutes les guerres. Un jour viendra où elles seront consolées

À partir de mars 1937 les républicains s'entre-tueront eux-même.

Source Wikipédia la Guerre civile espagnole

 

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