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Un jour d'épaules nues où les gens s'aimeront (Louis Aragon)

A la poésie, l'art, la musique, la littérature, la sagesse, au romantisme,
toutes ces choses qui font que la vie vaut la peine d'être vécue !  
 

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Malherbe, Consolation à Monsieur Du Périer sur la mort de sa fille

François de Malherbe


Ta douleur, Du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours !

 

Le malheur de ta fille au tombeau descendue
   Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

 

Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
   Avecque son mépris.

 

Mais elle était du monde
où les plus belles choses Ont le pire destin,
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
   L’espace d’un matin.

 

 

 

Puis quand ainsi serait que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
   Qu’en fût-il advenu ?

 

Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
   Elle eût eu plus d’accueil ?
Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

 

Non, non, mon Du Périer, aussitôt que la Parque
   Ôte l’âme du corps,
L’âge s’évanouit au-deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts.

 

Tithon n'a plus les ans qui le firent cigale :
    Et Pluton aujourd'hui,
Sans égard du passé les mérites égale
    D'Archémore et de lui.

 

Ne te lasse donc plus d'inutiles complaintes :
    Mais songe à l'avenir,
Aime une ombre comme ombre, et de cendres éteintes,
    Éteins le souvenir.

 

C'est bien je le confesse , une juste coutume,
    Que le coeur affligé
Par le canal des yeux vidant son amertume
    Cherche d'être allégé.

 

Même quand il advient que la tombe sépare
    Ce que Nature a joint,
Celui qui ne s'émeut pas à l'âme d'un Barbare,
    Ou n'en a du tout point.

 

Mais d'être inconsolable ,et dedans sa mémoire
    Enfermer un ennui,
N'est-ce pas se haïr pour acquérir la gloire
    de bien aimer autrui ?


 

François de Malherbe     

 

 

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