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Novembre 2006

Simone Aaberg Kaerns

Un cadeau venu du ciel ou Smiling in a Warzone

Les bonnes nouvelles sont rares et il ne s'agissait pas de rater celle là. C'est un film documentaire passé sur ARTE le lundi 23/10/2006 à 22h35. Il racontait une histoire fabuleuse, digne d'un conte de fée et pourtant réelle. Celle de la plasticienne danoise Simone Aaberg Kaerns, diplômée de l'université d'art de Copenhague et de l'université de l'art fin à Londres et de Magnus Bejmar Cinéaste et photographe Suédois lorsqu'ils décidèrent sur une idée de Simone d'aller à Kaboul la capitale de l'Afghanistan donner un baptême de l'air et un cour de pilotage à une jeune fille Afghane, Farial. Ceci en 2002 juste quelques mois après que la coalition Américaine ait triomphé des Talibans.


L'origine du projet

Simone Aaberg Kaerns, 34 ans, travaille sur le thème du vol aérien, qu'elle associe fréquemment à une interrogation sur la représentation de la femme. En 2002 elle  prenait un café dans le quartier de Christianshavn de Copenhague en lisant le  journal danois Politiken. Il s'agissait d'un article sur l'Afghanistan écrit par Carsten Jensen. Dans cet article, il parlait d'une jeune fille afghane de 16 ans, Farial qui rêvait de survoler Kaboul et de devenir pilote.
« Je l'ai vu comme un symbole de la liberté et tout de suite j'étais prête à faire de son rêve une réalité, » dit Simone. Elle considère comme sa mission de libérer le ciel « comme l'est la mer » par un « vol culturel » à destination, Kaboul, pour permettre à Farial de voler. Dans un pays o ù les filles n'ont même  pas le droit d'aller à vélo.

Son génie fut de transformer l'événement en un projet artistique et de donner à la jeune Afghane une chance d'expérimenter son rêve.

Voyez-vous ce projet et le fait qu'il ait pu être réalisé est une formidable nouvelle. Le rêve de Farial ne se réalisera peut-être pas, nous ne sommes pas dans un vrai conte de fée, quoi que probablement elle se mariera et aura beaucoup d'enfants. Mais malgré cela c'est une très bonne nouvelle, une danoise, habitante du pays classé premier au hit parade du bien vivre pour ses habitants se préoccupe du sort d'une afghane et surtout réussi à concrétiser une action improbable. Bravo.


La folle aventure commença avec l'achat d'un Piper Colt rouge et blanc immatriculé « Oscar Yankee Echo Alfa Tango » soit OYE AT, (Oyez oyez braves gens la belle histoire du ciel Afghan) un petit avion fabriqué en 1961 il y a plus de quarante ans le seul avion qu'elle ait eu les moyens d'acheter - Mais le vieux coucou qui ne va qu'a 150 km par heure et dont l'altitude de vol plafonne on ne sait exactement où ne peut prendre que deux passagers et 40 kg de bagages. Qu'à cela ne tienne, l'artiste convainquit le cameraman Magnus Bejmar de partager son aventure.

Nous passerons sur la préparation technique et financière du projet et des multiples autorisations à obtenir de survol des pays traversés et d'atterrissage dans les aéroports des différentes escales à prévoir vu les faibles performances du Piper Colt. La famille de Farial est contactée, les autorités civiles de Kaboul donnent leur accord.



Le projet murit, il fut décidé d'en faire un film :

« Un cadeau du ciel ou Smiling in a Warzone »

Directeur scénariste et actrice : Simone Aaberg Kaerns
Producteur : Helle Ulsteen. Rédacteur : Margareta Lagerqvist, Michal Leszczylowski, Molly Stensgaard. Cinéaste : Magnus Bejmar. Musique : Jeppe Kaas. Commanditaire : Base danoise du nord-ouest. Coproduction : Cosmo Film Doc. Institut danois pour le cinéma, DR TV/DR2. Flying Enterprise Productions, SVT. Institut suédois pour le cinéma, YLE TV1. Nordic Film, ARTE/ZDF.


Ce film reçut le prix « Femmes au pouvoir » Au festival full frame de Durham en 2006

Copenhague-Kaboul

Copenhague-Kaboul1Le 4 septembre 2002, ils décollèrent d'un champ près de la ville danoise de Lille Skensved vers Copenhague. Leur périple durera quatre mois. Une folle aventure de 6 000 km dans le ciel d'Europe et du Moyen-Orient, cinquante heures de vol et  trente-trois escales, avant d'atteindre Kaboul.  Les étapes furent Berlin, Prague, Graz, le survol de l'Albanie, la Turquie, l'Iran puis enfin la capitale de l'Afghanistan.


Corfou, premier incident, ils ne parvinrent pas à trouver de kérosène. Il fallut filtrer de l'essence de voiture pour pouvoir repartir. Ils furent bloqués en Turquie : « Nous avons attendu un mois entier en Turquie orientale pour obtenir la permission de voler au-dessus de l'Iran, » Rien n'aurait été possible sans l'aide diplomatique de l'ambassade danoise à Téhéran. Ils se retrouvèrent de nouveau bloqués en Iran pour des questions de papiers. Cela leur  donna l'occasion de partager quelque temps le quotidien des Iraniens. Puis, ayant enfin re çu l'autorisation de décoller les aventuriers repartirent vers l'est, à Mashad, toujours en Iran, la ville sainte  des chiites, proche de la frontière Afghane.

Ils prirent contact avec les Américains afin d'obtenir l'autorisation de  pénétrer en Afghanistan. En vain. Ils décidèrent alors de survoler la zone de guerre sans autorisation militaire, à leurs risques et péril (mais avec l'autorisation des autorités civiles Afghanes et en faisant comme si tout était en ordre, notamment en se présentant par radio auprès de l'armée américaine qui de toute fa çon les suivait sur ses radars en mode verrouillé) Cette étape était de loin la plus risquée d'autant qu'il fallait franchir des cols à une altitude élevée (11 800 pieds ) et qu'il y avait une interrogation sur les capacités du piper Colt à voler à cette altitude. Tout se passa finalement bien et enfin ils se posèrent à Kaboul le 97ième jour.


Copenhague-Kaboul3Ce qui fait la beauté de ce film c'est l'attitude de Simone Aaberg Kaerns, dont le sourire est plus lumineux que le soleil d'été, même dans les moments difficiles ou il faut filtrer de l'essence ou vidanger le moteur de son huile qui fige dans le froid de l'aéroport afghan. Une grande partie du voyage est consacré à la lutte pour confirmer et obtenir les autorisations de vol d'un aéroport au suivant.

 

Et Farial ?

Elle attendait avec ses parents de connaitre l'issue du Voyage improbable. La rencontre fut un moment fort, mais la jeune fille était un peu dépassée par les événements. Les Kaboulis ( habitants de Kaboul bien sûr) aussi étaient dépassés mais très gentils.

  Copenhague-Kaboul2

Le baptême de l'air eut lieu, Simone réussit même à lui enseigner les bases du vol. Puis la réalité culturelle reprit ses droits. Les études ne pouvaient s'envisager qu'a l'étranger.

Simone Aaberg Kaerns découvrit que donner un cadeau d'une part,  l'accepter et l'apprécier d'autre part sont souvent deux choses différentes. Son cadeau était difficile à porter pour une jeune fille Afghane. Et parfois, adopter juste la robe et le foulard d'une culture, comme le fit Simone Aaberg Kaerns  pendant son séjour n'est pas la même chose que de vivre en permanence avec les coutumes de cette même culture.


Copenhague-Kaboul10 Le dernier événement, eut lieu  mercredi 3 septembre 2003 un an moins 1 jour après le premier décollage, quand le piper colt roula dans le hangar 144 à l'aéroport de Copenhague. Les aéroports de Copenhague prêtèrent main forte en offrant une place dans le hangar 144, mais également quand, en avril, à l'aéroport international de Cologne en Allemagne ils n'avaient pas les moyens de payer la taxe de décollage trop importante. Le vice-président Hans Christian Stigaard des aéroports de Copenhague, qui avaient suivi le projet du début, prit contact avec ses collègues à Cologne. « Bien que la concurrence soit féroce dans notre industrie, nous sommes toujours disposés à nous aider. Il y a un grand sens de la communauté dans le domaine de l'aviation » déclara-t-il. L'avion put décoller et arriver à Lille Skensved en avril. Le retour à l'aéroport de Copenhague s'effectua par camion avec les ailes démontées.

Copenhague-Kaboul4


L'aventure finie, bonjour la triste réalité, mais  « Nous avons beaucoup de rêves. L'un d'entre eux est de voler vers l'Afrique, » déclare Simone prête à repartir vers de nouveaux horizons humains et lointains.




Bibliographie ou internetographie
ARTE  magazine n° 43 du 21/10/06 au 27/10/06 page 14

"Sourires dans une zone de guerre"  L'art de voler à Kaboul

Si les américains procédaient de même : éduquer et aider les populations au lieu de faire la guerre, peut-être les choses en Afghanistan s'arrangeraient ? Et si ça se trouve ça leur couterait moins cher, mais les fabricants d'arme ferraient la gueule...

Une aventure aussi audacieuse et altruiste mérite d'être racontée au monde entier.
Il faut que les jeunes filles du monde entier sachent que l'on pense à elles

Ce film mériterait une rediffusion sur une chaine francophone telle TV5.


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