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Albert Camus

«Je me révolte, donc nous sommes...», par Zygmunt Bauman

 

Albert Camus philosophe français, prix Nobel de littérature

Albert Camus

Romancier, dramaturge, essayiste, philosophe, journaliste, résistant, écrivain  et  intellectuel  d'après-guerre.  Prix  Nobel  de  littérature.

Voilà un demi-siècle que nous vivons sans Albert Camus, ses jugements poignants, provocants et stimulants, qui nous aiguillonnaient et nous piquaient au vif.

 

Le corpus de livres, d'articles et de thèses consacrés à l'auteur de «l'Etranger», « la Peste», «la Chute» et du «Premier Homme» n'a cessé d'enfler.

 

Questia, la «bibliothèque en ligne de livres et de périodiques» la plus fréquemment consultée par les universitaires, recensait fin 2009 3 171 références, dont 2 528 ouvrages sur la pensée de Camus et la place qu'elle occupe dans l'histoire des idées.

 

Google Books, site en propose environ 10.000.


 

Quelle aurait été la position de Camus face au monde actuel? Quels auraient été ses commentaires, ses conseils, ses injonctions, qui nous manquent si cruellement. (Dans cer monde de fous)

 

Camus disait : «Tout l'art de Kafka est d'obliger le lecteur à relire.» Pourquoi ? Parce que « ses dénouements, ou ses absences de dénouement, suggèrent des explications qui ne sont pas révélées en clair et qui exigent que l'histoire soit relue sous un nouvel angle.» Kafka  ne cesse jamais  d'interroger et de provoquer le lecteur, tout en l'encourageant à faire l'effort de re-penser. Grâce à ce trait singulier l'inspiration de Kafka est immortelle.


Dans son portrait de Kafka, Camus a esquissé le modèle de la pensée immortelle, la marque des grands penseurs...
 

Dans ce grand bazar qui nous sert de monde ; et je me concentrerai sur l'auteur du « Mythe de Sisyphe » et de « l'Homme révolté ».

 

 S'il traquait la vérité de la condition humaine, Camus était bien conscient que son objet restait ouvert à une multitude d'explications et de jugements, et il résistait farouchement à toute conclusion prématurée du débat sur l'insondable mystère de la nature humaine et de ses possibles, ne saurait être que prématurée !

 



 

/Albert CamusIl y a quelques années, un journal m'avait demandé de « résumer ma pensée en un paragraphe ». Je ne saurais trouver meilleure illustration que cette citation de Camus :

« Il y a la beauté et il y a les humiliés. Quelles que soient les difficultés de l'entreprise, je voudrais ne jamais être infidèle ni à l'une ni aux autres.».

 « choisir son camp » en sacrifiant une tâche pour mieux accomplir l'autre finirait par les mettre toutes deux hors de portée.

Camus se disait « placé à mi-distance de la misère et du soleil », ajoutant :

« La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire ; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout.»

Camus se disait « pessimiste quant au destin humain, optimiste quant à l'homme », en lequel il voyait « la seule créature qui refuse d'être ce qu'elle est ». La liberté humaine, souligne-t-il, « n'offre qu'une chance d'être meilleur ».

 

Le seul moyen d'affronter un monde sans liberté est de devenir si absolument libre qu'on fasse de sa propre existence un acte de révolte.

 

Le destin et des perspectives de l'homme s'inscrit à mi-chemin de la figure de Sisyphe et de celle de Prométhée, et s'efforce - en vain, mais avec une obstination infatigable - de les réunir et de les combiner.

 

Prométhée, le héros de « l'Homme révolté », choisit de vivre une vie pour les autres, une vie de révolte contre leur malheur, y voyant la solution à « l'absurdité de la condition humaine » qui entraînait Sisyphe, accablé et obsédé par son propre malheur, vers le suicide comme unique réponse et issue possible à sa malédiction humaine, trop humaine.

 

La maxime énoncée par Pline l'Ancien, et sans doute adressée à tous les adeptes de l'amour-de-soi associé à l'amour-propre :  

« Dans la misère de notre vie sur terre, le suicide est le plus beau cadeau de Dieu à l'homme »

 

Dans la juxtaposition qu'opère Camus entre Sisyphe et Prométhée, le refus devient un acte d'affirmation : « Je me révolte, donc nous sommes.»

 

A croire que les hommes ne se sont donné comme idéaux la logique, l'harmonie, l'ordre et l'Eindeutigkeit que pour être poussés, par leur condition et leurs choix, à les défier tour à tour.

« Le bonheur et l'absurde sont inséparables »

 

Mais même dans le sort de Sisyphe, apparemment sans espoir et sans issue, confronté à l'absurdité de son existence, il existe un espace, minuscule, certes, mais tout de même assez vaste pour accueillir Prométhée. Le sort de Sisyphe n'est tragique que parce qu'il est conscient - conscient de la futilité ultime de ses efforts.

 

Comme l'explique Camus :

 

« La clairvoyance qui devait faire son tourment consomme du même coup sa victoire. Il n'est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris.»

 

Chassant cette conscience morbide de lui-même pour s'ouvrir à la visite de Prométhée, Sisyphe, figure tragique d'un esclave des choses, peut se transformer en leur auteur joyeux. « Le bonheur et l'absurde, note Camus, sont deux fils de la même terre. Ils sont inséparables.» Et il poursuit : « [A Sisyphe, cet] univers désormais sans maître ne [...] paraît ni stérile ni futile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d'homme. "Il faut imaginer Sisyphe heureux."» 

 

Sisyphe se réconcilie avec le monde tel qu'il est, et cette acceptation ouvre la voie à la révolte ; mieux, elle rend la révolte inévitable, ou du moins elle en fait l'issue la plus probable.

 

Cette combinaison d'acceptation et de révolte, de souci de la beauté et de souci des misérables, vise à protéger sur deux fronts le projet de Camus : contre la résignation, lourde de pulsions suicidaires, et contre un excès de confiance, lourd d'une indifférence au coût humain de la révolte.

 

Camus nous enseigne que la révolte, la révolution, la lutte pour la liberté sont inhérentes à l'existence humaine, mais que nous devons en surveiller les limites pour éviter que cette quête admirable ne débouche sur la tyrannie.

 

Zygmunt Bauman (*)

 

(*) Né en Pologne en 1925, philosophe et sociologue, chassé de son pays lors des persécutions antisémites, Zygmunt Bauman est professeur émérite à l'université de Leeds. Il est notamment l'auteur de "la Société assiégée" et du "Présent liquide". Vient de paraître, chez Climats: "L'éthique a-t-elle une chance dans un monde de consommateurs?"

 

Source : Le Nouvel Observateur » du 19 novembre 2009.

 

 

Contrairement à Sartre qui n'a pas peur d'avoir "les mains sales"  

Camus pose à la révolte de l'homme une condition : sa propre limite. La révolte de Camus n'est pas contre tous et contre tout. Et Camus d'écrire : « La fin justifie les moyens ? Cela est possible. Mais qui justifie la fin ?

 

 

Source Wikipédia l'encyclopédie libre

 

Albert Camus

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